L'enseignement du zen

Dogen Kigen (1200-1253)

Maître Dogen

Au 13ème siècle, le moine japonais Dogen se rendit en Chine à la recherche de l’enseignement authentique de Bouddha. C’est auprès de Maître Nyojo qu’il trouva ce qu’il avait vainement cherché dans son pays. A son retour il introduisit la véritable pratique du zen. Bien qu’il n’ait nullement eu l’intention d’enfermer son enseignement dans les limites d’une école, il devint cependant le fondateur du zen Sôtô au Japon. (…)

Lorsque l’on voulut savoir ce qu’il avait rapporté (de Chine) Dogen déclara : « Je suis revenu les mains vides. Tout ce que je peux vous dire, c’est ceci : les yeux sont horizontaux et le nez vertical. Matin après matin, le soleil se lève à l’est et le coq chante à l’aube. Chaque quatrième année, le mois de février à vingt-neuf jours. »

Quelques années plus tard il fonda le temple de Eihei-ji, « temple de la paix éternelle ». Puis il commença la rédaction des premiers chapitres de son œuvre monumentale : le Shobogenzo, « le trésor de l’œil de la vraie Loi », l’œuvre la plus importante de zen Sôtô.

Texte extrait du livre « zen » Editions Albin Michel

Eihei Dogen rapporte de Chine shikantaza, mushotoku et hishiryo qu’il présentera dès son retour au Japon dans le texte Fukanzazengi « les recommandations universelles pour la pratique de la méditation assise, le zazen ».

Maître Kodo Sawaki (1880 - 1965)

Kodo Sawaki

Kodo Sawaki, surnommé "Kodo le sans-demeure", apporta au zen un souffle nouveau en le sortant des temples figés dans le formalisme.

Il critiquait sévèrement le professionnalisme des moines qui poursuivaient seulement une carrière religieuse, souvent de père en fils, où la certification est perçue comme un diplôme, perdant ainsi le sens véritable du zen.

Il était respecté et admiré dans tout le Japon pour sa vie simple et libre et était suivi par de nombreux disciples autant laïcs que moines. Il enseignait lors des sesshin la pratique pure de shikantaza.

En 1965, sur son lit de mort, il remit à Taisen Deshimaru ses kesa et ses bols, et lui demanda de continuer son enseignement.

Maître Taisen Deshimaru (1914 - 1982)

Taisen Deshimaru

Héritier des maîtres de la transmission, Taisen Deshimaru, moine japonais, est venu en France en 1967 pour y apporter le bouddhisme zen.

Pendant 15 ans, il n’a cessé de transmettre sa foi et sa pratique à ses nombreux disciples. Son énergie forte et généreuse a permis la création de plusieurs centaines de dojos et de groupes de zazen, répartis sur quatre continents.

Il fonda également le premier temple d’Occident, la Gendronnière ainsi que l’Association Zen Internationale.

Maître Deshimaru est décédé en 1982.


Maître Yuno Rech

Roland Yuno Rech

Les membres de l’Association Zen de Montpellier (AZM) créée en 2007 suivent l’enseignement de Maître Yuno Rech.

Proche disciple de Maître Deshimaru, il est ordonné moine en 1974 et reçoit, après la mort de celui-ci, la transmission (Shiho) de Maître Niwa Zenji.

Il enseigne alors le zen dans le cadre de l’Association Zen Internationale (AZI) qu’il préside pendant douze ans. En 1986, il participe à la fondation de l'Union Bouddhiste de France et en sera vice-président durant 15 ans.

Actuellement, il enseigne quotidiennement à Nice, dirige des retraites en France, à l’étranger et au temple zen de la Gendronnière.

Maître Yuno Rech est le responsable spirituel de l’Association Bouddhiste Zen d’Europe (ABZE), le vice-président de l’AZI.

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Ateliers Dharma

Des ateliers Dharma (enseignement du bouddhisme) ont lieu 6 samedis dans l’année. Ces ateliers ne s’inscrivent pas dans une démarche intellectuelle, ils sont un approfondissement la Voie par l’étude de textes et des échanges.

Les samedis :

» Pour connaitre le calendrier, aller à la page de la programmation des samedis avec atelier Dharma.

 

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Textes et sûtra

Japonais / Français

MAKA HANNYA HARAMITA SHINGYÔ

Kan ji zai bo satsu Gyo jin han-nya ha ra mi ta ji Sho ken go on kai ku Do is-sai ku yaku Sha ri shi Shiki fu i ku Ku fu i shiki Shiki soku ze ku Ku soku ze shiki Ju so gyo shiki Yaku bu nyo ze Sha ri shi Ze sho ho ku so Fu sho fu metsu Fu ku fu jo Fu zo fu gen Ze ko ku chu Mu shiki mu ju so gyo shiki Mu gen ni bi zes-shin ni Mu shiki sho ko mi soku ho Mu gen kai nai shi mu i shiki kai Mu mu myo yaku mu mu myo jin Nai shi mu ro shi. Yaku mu ro shi jin Mu ku shu metsu do Mu chi yaku mu toku I mu sho toku ko Bo dai sat-ta E han-nya ha ra mi ta ko Shin mu kei ge mu kei ge ko Mu u ku fu On ri is-sai ten do mu so Ku gyo ne han San ze sho butsu E han-nya ha ra mi ta ko Toku a noku ta ra san myaku san bo dai Ko chi han-nya ha ra mi ta Ze dai jin shu Ze dai myo shu Ze mu jo shu Ze mu to do shu No jo is-sai ku Shin jitsu fu ko Ko setsu han-nya ha ra mi ta shu Soku setsu shu watsu

Gya tei gya tei Ha ra gya tei
Hara so gya tei Bo ji sowa ka
Han-nya shin gyo


NB. à la fin de l'Hannya Shingyo est chanté l'eko (dédicace) puis le Ji hô san shi.


"A capella"

Essence du Soutra de la Grande sagesse qui permet d’aller au-delà

Le bodhisattva Avalokitesvara(1), par sa pratique profonde de la Grande Sagesse, observe et comprend que les cinq skandha (2) ne sont que vacuité – ku – et par cette compréhension, il aide et sauve tous ceux qui souffrent.

Sariputra, les phénomènes (shiki) ne sont pas différents du vide (ku) et le vide n’est pas différent des phénomènes.
Shiki lui-même est ku, ku lui-même est shiki. Il en est ainsi de la forme, de la sensation, de la perception, des formations mentales et de la conscience.

Sariputra, toutes les existences ont l’aspect de ku. Elles sont sans naissance ni extinction, ni pures ni souillées, elles n’augmentent ni ne diminuent.

Donc dans ku, il n’y a ni forme, ni sensation, ni perception, ni formation mentale, ni conscience ; ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni conscience.
Il n’y a ni couleur, ni son, ni odeur, ni goût, ni toucher, ni pensée.
Donc dans ku n’existe pas de domaine des sens.

Il n’y a ni ignorance ni cessation de l’ignorance, ni illusion ni cessation de l’illusion. Il n’y a ni dégénérescence et mort ni cessation de la dégénérescence et de la mort. Il n’y a ni sagesse, ni profit, ni non profit.

Pour le bodhisattva, grâce à cette sagesse (hannya) qui conduit au-delà, l’esprit sans obstacle ne connaît pas la peur, et toute illusion, tout attachement sont éloignés.
Il peut parvenir à l’ultime fin, le Nirvana.

Tous les bouddhas du passé, du présent et du futur, pratiquent la Grande Sagesse et ainsi atteignent le plus parfait éveil. Donc, nous devons comprendre qu’Hannya haramita est le grand mantra brillant et lumineux.
Le plus élevé de tous les mantra qui ne peut être comparé.
Sa force coupe toutes les souffrances.
C’est le vrai mantra.

Par lui il est possible d’atteindre l’essence de toute vérité :


“Aller, aller, aller ensemble au-delà du par-delà, Jusqu’à l’accomplissement total de la voie (3).”

Notes :

1) Le bodhisattva de la vraie liberté et de la compassion.
2) Forme, sensation, perception, formations mentales, conscience.
3) Satori, nirvana.

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Fukanzazengi de Maître Dogen

Recommandations universelles pour pratiquer zazen

La Voie est fondamentalement parfaite. Elle pénètre tout. Comment pourrait-elle dépendre de la pratique et de la réalisation ? Le véhicule du Dharma est libre et dégagé de toute entrave. En quoi l’effort concentré de l’homme est-il nécessaire ? En vérité, le Grand Corps est bien au-delà de la poussière du monde. Qui pourrait croire qu’il existe un moyen de l’épousseter ? Il n’est jamais distinct de quiconque, toujours exactement là où l’on est. A quoi bon aller ici ou là pour pratiquer ?

Cependant, s’il y a un fossé, si étroit soit-il, la Voie reste aussi éloignée que le ciel de la terre. Si l’on manifeste la moindre préférence ou la moindre antipathie, l’esprit se perd dans la confusion.

Imaginez une personne qui se flatte de comprendre et qui se fait des illusions sur son propre éveil, entrevoyant la sagesse qui pénètre toutes choses, joint la Voie et clarifie l’âme, et fait naître le désir d’escalader le ciel lui-même. Celle-là a entrepris l’exploration initiale et limitée des zones frontalières mais elle est encore insuffisante sur la voie vitale de l’émancipation absolue.

Ai-je besoin de parler du Bouddha qui était en possession de la connaissance innée ? On ressent encore l’influence des six années qu’il vécut, assis en lotus dans une immobilité totale. Et Bodhidharma, la transmission du sceau jusqu’à nos jours a conservé le souvenir de ses neuf années de méditation devant un mur. Puisqu’il en était ainsi avec les saints d’autrefois, comment les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils se dispenser de négocier la Voie ?

Vous devez en conséquence abandonner une pratique fondée sur la compréhension intellectuelle, courant après les mots et vous en tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige votre lumière vers l’intérieur, pour illuminer votre vrai nature. Le corps et l’esprit d’eux-mêmes s’effaceront et votre visage originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’éveil, vous devez pratiquer l’éveil sans tarder.

Pour zazen, une pièce silencieuse convient. Mangez et buvez sobrement. Rejetez tout engagement et abandonnez toute affaire. Ne pensez pas : « Ceci est bien, cela est mal. »

Ne prenez parti ni pour ni contre. Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient. Ne jugez pas des pensées et des perspectives. N’ayez aucun désir de devenir un Bouddhas. Zazen n’a absolument rien à voir avec la position assise ou la position allongée.

A l’endroit où vous avez l’habitude de vous asseoir, étendez une natte épaisse et placez un coussin dessus. Asseyez-vous en lotus ou bien en demi-lotus. Dans la posture du lotus, vous placez d’abord votre pied droit sur votre cuisse gauche, et votre pied gauche sur votre cuisse droite. Dans la posture du demi-lotus, vous vous contentez de presser votre pied gauche contre votre cuisse droite.

Veillez à desserrer vos vêtements et votre ceinture, arrangez-les convenablement. Placez alors votre main droite sur votre jambe gauche et votre main gauche (tournée vers le haut) sur votre main droite; les extrémités des pouces se touchent. Asseyez-vous bien droit, dans l’attitude corporelle correcte, ni penché à gauche, ni penché à droite, ni en avant, ni en arrière. Assurez-vous que vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril. Placez votre langue en avant contre le palais; la bouche est fermée, les dents se touchent. Les yeux doivent rester toujours ouverts, et vous devez respirer doucement pas le nez.

Quand vous avez pris la posture correcte, respirez profondément une fois, inspirez et expirez. Inclinez votre corps de droite et de gauche; et immobilisez-vous dans une posture stable. Pensez à ne pas penser. Comment pense-t-on à ne pas penser ? Au-delà de la pensée (hishiryo). Cela en soi est l’art essentiel du zazen.

Le zazen dont je parle n’est pas l’apprentissage de la méditation, il n’est rien d’autre que le Dharma de paix et de bonheur, la pratique-réalisation d’un éveil parfait. Zazen est la manifestation de l’ultime réalité. Les pièges et les filets ne peuvent jamais l’atteindre.

Une fois que vous avez saisi son cœur, vous êtes semblable au dragon quand il arrive à l’eau et semblable au tigre quand il pénètre dans la montagne. Car il faut savoir qu’à ce moment précis (quand on pratique zazen), le vrai Dharma se manifeste et que dès le début on écarte le relâchement physique et mental et la distraction.

Quand vous vous relevez, remuez doucement et sans hâte, calmement et délibérément. Ne vous relevez pas subitement ou brusquement. Quand on jette un regard sur le passé, on s’aperçoit que la transcendance à la fois de l’éveil et du non-éveil, que mourir assis ou debout, ont toujours dépendu de la vigueur de zazen.

En outre, l’ouverture à l’illumination dans l’occasion fournie par un doigt, une bannière, une aiguille, un maillet, l’accomplissement de la réalisation grâce à un chasse-mouches, un poing, un bâton, un cri, tout cela ne peut être saisie entièrement par la pensée dualiste de l’homme. En vérité, cela ne peut pas davantage être connu mieux par l’exercice de pouvoirs surnaturels. Cela est au-delà de ce que l’homme entend et voit – n’est-ce pas un principe antérieur aux connaissances et aux perceptions ? Cela dit, il importe peu qu’on soit intelligent ou non. Il n’y a pas de différence entre le sot et l’avisé.

Quand on concentre son effort d’un seul esprit, cela en soi, c’est négocier la Voie. La pratique-réalisation est pure par nature. Avancer est une affaire de quotidienneté.

Dans l’ensemble, ce monde et les autres, à la fois en Inde et en Chine, respectent le sceau du Bouddha. La particularité de cette école prévaut : dévotion à la méditation assise tout simplement, s’asseoir immobile dans un engagement total. Bien que l’on dise qu’il y a autant d’âmes que d’hommes, tous négocient la Voie de la même manière en pratiquant zazen. Pourquoi abandonner le siège qui vous est réservé à la maison pour errer sur les terres poussiéreuses d’autres royaumes ? Un seul faux pas, et vous vous écartez de la voie tracée toute droite devant vous. Vous avez eu la chance unique de prendre forme humaine. Ne perdez pas votre temps. Vous apportez votre contribution à l’œuvre essentielle de la voie du Bouddha. Qui prendrait un plaisir vain à la flamme jaillie du silex ?

Forme et substance sont comme la rosée sur l’herbe, la destinée semblable à un éclair-évanouie en un instant.

Je vous en prie, honorés disciples du zen, depuis longtemps habitués à tâter l’éléphant dans l’obscurité, ne craignez pas le vrai dragon. Consacrez vos énergies à la Voie qui indique l’absolu sans détours. Respectez l’homme réalisé, qui se situe au-delà des actions des hommes ; succédez à la dynastie légitime du satori des patriarches.

Conduisez-vous toujours ainsi, et vous serez comme ils sont. Votre chambre au trésor s’ouvrira d’elle-même, et vous en userez comme bon vous semblera.

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SHIGU SEIGAN MON

Shujô muhen sei gan do
Bon-nõ mujin sei gan dan
Hõ mon muryô sei gan gaku
Butsu dõ mujõ sei gan jõ.

Les quatre voeux

Si nombreux que soient les êtres, je fais vœu de les sauver tous.
Si nombreuses que soient les passions, je fais vœu de les vaincre toutes.
Si nombreux que soient les Dharma, je fais vœu de les acquérir tous.
Si parfaite que soit la voie du Bouddha, je fais vœu de la réaliser.

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FUEKÕ

Negawaku wa kono kudoku o motte, amaneku issai ni oyoboshi, warera to shujõ to, mina tomo ni Butsudõ o jõzen koto o.

Invocation Universelle

Que les mérites de cette récitation pénètrent tous les êtres en tous lieux, afin que nous tous, les êtres sensibles, nous puissions réaliser ensemble la voie de Bouddha.

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JI HÔ SAN SHI   (Les mains en gasshô)

Ji hõ san shi i shi fu
Shi son bu sa mo ko sa
Mo ko hõja ho ro mi

A tous les bouddhas passés, présents et futurs dans les dix directions
A tous les bodhisattvas et les patriarches
Le sutra de la Grande Sagesse qui permet d’aller au-delà

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SANDÔKAI

Chikudo daisen no shin tôzai mitsu ni aifu su. Ninkon ni ridon ar, dô ni nanboku no so nashi. Reigen myô ni kô kettari, shiha an ni ruchû su. Ji o shû suru mo moto kore mayoi ; ri ni kanô mo mata satori ni arazu. Mon mon issai no kyô ego to fu ego to. Eshite sarani ai wataru; shikarazareba kurai ni yotte jû su. Shiki moto shitsu zô o kotoni shi ; shô moto rakku o koto ni su. An wa jôchû no koto ni kanai ; mei wa seidaku no ku o wakatsu. Shidai no shô onozukara fukusu, kono sono haha o uru ga gotoshi. Hi wa nesshi, kaze wa dôyô, mizu wa uruoi, chi wa kengo. Manako wa iro, mimi wa onjô hana wa ka, shita wa kanso. Shikamo ichi ichi no hô ni oite ne ni yotte habunpu su. Honmatsu subekaraku shû ni kisubeshi ; sonpi sono go o mochiyu. Meichû ni atatte an ari, ansô o motte ô koto nakare. Anchû ni atatte mei ari, meisô o motte miru koto nakare. Meian ono ono aitai shite hisuru ni zengo no ayumi no gotoshi. Banmotsu onozukara kô ari, masani yô to sho to o iu beshi. Jison sureba kangai gasshi; riôzureba senpô sasô. Koto o ukete wa subekaraku shû o e subeshi ; mizukara kiku o rissuru koto nakare. Sokumoku dô o e sezunba, ashi o hakobu mo izukunzo michi o shiran. Ayumi o susumureba gonnon ni arazu, mayôte senga no ko o hedatsu. Tsutsushinde san gen no hito ni môsu, kôin munashiku wataru koto nakare.

L’harmonie entre différence et identité

L’esprit du Grand Sage de l’Inde s’est transmis intimement d’ouest en est.
Il y a des différences entre les capacités des hommes qui sont plus ou moins aiguisées, mais dans la voie il n’y a ni patriarche du nord, ni patriarche du sud.
La source spirituelle brille clairement dans la lumière ; les effluents s’écoulent dans l’obscurité.
L’attachement aux phénomènes est cause d’illusion mais l’union avec l’identité n’est pas encore l’éveil.
Tous les objets des sens sont en interaction et pourtant ne le sont pas.
L’interaction augmente la solidarité, sans quoi chacun reste sur sa position.
Les objets visuels varient en qualité comme en forme.
Les sons sont tantôt agréables, tantôt désagréables.

Dans l’obscurité pureté et souillure se confondent.
Dans la clarté pureté et souillure se distinguent.
Les quatre éléments reviennent à leur nature comme un enfant retourne à sa mère.
Le feu chauffe, le vent bouge, l’eau mouille, la terre est solide.
Œil et vision, oreille et sons, nez et odeur, langue et saveur ; ainsi pour tout ce qui existe, selon ces racines, les feuilles se développent. Le tronc et les branches partagent la même essence, noble et vulgaire ne sont que des mots. Dans la lumière existe l’obscurité, mais ne voyez pas l’obscurité comme obscurité.
Dans l’obscurité existe la lumière, mais ne voyez pas la lumière comme lumière. La lumière et l’obscurité diffèrent comme le pied avant et le pied arrière dans la marche.
Toutes les choses ont leur mérite exprimé suivant leur fonction et leur place. Elles existent comme phénomènes et se correspondent comme la boîte et son couvercle. Elles s’accordent avec le principe comme la rencontre de deux pointes de flèches.

Entendant les mots comprenez-en le sens, ne créez pas vos propres catégories.
Si vous ne comprenez pas la voie qui se trouve sous vos pieds, comment connaîtrez-vous le chemin sur lequel vous marchez ?

Quand on avance dans la pratique il n’est pas question de proche ou d’éloigné, mais la confusion crée des obstacles tels que des montagnes et des rivières.

Vous qui cherchez la voie, je vous en prie ne laissez pas vainement passer les jours et les nuits.

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HOKYO ZANMAI

Nyo ze no hõ, busso mitsu ni fusu. Nanji ima kore o etari ; yoroshiku yoku hõgo subeshi. Ginwan ni yuki o mori, meigetsu ni ro o kakusu. Rui shite hitoshikarazu ; konzuru tokinba tokoro o shiru. Kokoro kotoni arazareba, raiki mata omomuku. Dõzureba kakyû o nashi, tagaeba kocho ni otsu. Haisoku tomoni hi nari ; taikaju no gotoshi.Tada monsai ni arawaseba, sunawachi zenna ni zokusu. Yahan shõmei, tengyõ furo. Mono no tame ni nori to naru ; mochiite shoku o nuku. Ui ni arazu to iedomo, kore go naki ni arazu. Hõkyõ ni nozonde, gyõyõ ai miru ga gotoshi. Nanji kore kare ni arazu, kare masani kore nanji. Yo no yõni no gosõ gangu suru ga gotoshi. Fuko furai fuki fujû ; baba wa wa ; uku muku. Tsuini mono wo ezu, go imada tadashi karazaru ga yue ni. Jû ri rikkõ, henshõ ego, tatande san to nari; henji tsukite go to naru. Chisõ no ajiwai no gotoku, kongõ no cho no gotoshi. Shõchû myõkyõ, kõshõ narabi agu. Shû ni tsûji to ni tsûzu, kyõtai kyõro. Shakunen naru tokinba kitsu nari; bongo subekarazu. Tenshin ni shite myõ nari, meigo ni zoku sezu. Innen jisetsu, jakunen to shite shõcho su. Sai ni wa muken ni iri,dai ni wa hõjo o zessu. Gõkotsu no tagai, ritsuryo ni õzezu. Ima tonzen ari, shûshu o rissuru ni yotte. Shûshu wakaru, sunawachi kore kiku nari. Shû tsûji shu kiwamaru mo, shinjõ ruchû. Hoka jaku ni uchiugoku wa, tsunageru koma, fukuseru nezumi. Senshõ kore o kanashinde, hõ no dando to naru. Sono tendõ ni shitagatte, shi o motte so to nasu. Tendõ sõ messureba, kõshin mizukara yurusu. Kotetsu ni kanawan to yõseba, kõ zenko o kanzeyo. Butsudõ o jõzuru ni nannan to shite, jikkõju o kanzu. Tora no kaketaru ga gotoku, uma no yome no gotoshi. Geretsu aru o motte, hõki chingyo. Kyõi aru o motte, rinu byakko. Gei wa gyõriki o motte, ite hyappo ni atsu. Senpõ ai õ, gyõriki nanzo azukaran. Bokujin masa ni utai, sekijo tatte mõ. Jõshiki no itaru ni azaru, mushiro shiryo wo iren ya. Shin wa kimi ni bushi, ko wa chichi ni junzu. Junzezareba kõ ni arazu, busezareba ho ni arazu. Senkõ mitsuyõ wa, gu no gotoku ro no gotoshi. Tada yoku sõzoku suru o, shuchû no shu to nazuku.

Le samadhi du miroir précieux

Ainsi est le Dharma que le Bouddha et les Patriarches ont transmis intimement.
Maintenant vous l’avez, alors protégez-le bien.

Comme un bol rempli de neige, comme un héron caché dans le clair de lune, ils sont semblables mais non identiques ; rapprochés leurs différences apparaissent.
Le sens ne réside pas dans les mots, mais le moment décisif le fait apparaître.
Si vous les suivez vous êtes pris au piège, si vous les négligez vous tombez dans le doute.
Rejeter les mots et s’y attacher sont des erreurs, car c’est comme un grand feu, qui est utile mais dangereux.
Le décrire de façon littéraire c’est le tacher de souillures. Dans l’obscurité de la nuit cela est parfaitement clair ; à la lumière du jour cela est caché.
C’est la Loi qui gouverne toutes choses ; utilisez-le pour déraciner toutes les souffrances.

Bien que cela ne soit pas fabriqué, ce n’est pas au-delà des mots.
C’est comme devant le miroir précieux ; la forme et le reflet se regardent. Vous n’êtes pas cela mais cela est vous.
C’est comme un bébé nouveau-né, il est pourvu des cinq organes des sens. N’allant ni ne venant ; n’apparaissant ni ne demeurant ; "baba, wawa" est-ce que cela dit quelque chose ou pas ?
À la fin, il ne dit rien, car ses mots ne sont pas encore justes.

En doublant le trigramme du feu, les lignes intérieures et extérieures interagissent.
Empilées elles deviennent trois, permutées elles deviennent cinq. Comme le goût de la plante aux cinq saveurs, ou comme les cinq branches du sceptre vajra.

Harmonieusement réunis au centre, le tambour et le chant arrivent ensemble.
Pénétrer la source et aller sur la voie, embrasser le paysage et apprécier le chemin.
Respectez cela et ne le négligez pas.

Naturel et subtil, ce n’est ni l’ignorance ni l’éveil.
Parmi les causes et les conditions, le temps et les saisons, il est serein et illumine.
Il est si pur qu’il pénètre là où il n’y a pas d’espace, il est si vaste qu’il est au-delà de toute dimension.
Si vous vous en écartez de la distance d’un cheveu, vous n’êtes plus en harmonie. Maintenant il y a le soudain et le graduel, dans lesquels les enseignements et les approches apparaissent. Quand ils se différencient chacun possède ses normes. Mais que ces enseignements et ces approches soient maîtrisés ou non, la réalité s’écoule constamment.

À l’extérieur le calme, à l’intérieur l’agitation, c’est comme le cheval entravé ou le rat caché.
Les sages d’autrefois eurent pitié d’eux et leur offrirent le Dharma.
Conduits par leurs vues erronées ils prirent le noir pour le blanc.
Quand ces vues erronées cessent, ils réalisent l’esprit qui s’harmonise naturellement.

Si vous voulez suivre la voie ancienne, je vous en prie, observez les sages d’autrefois.
Celui qui est sur le point de réaliser la voie de Bouddha a contemplé l’arbre pendant dix kalpas.
C’est comme la blessure du tigre ou le boitillement du cheval.

Parce que certains ont un manque ils cherchent le siège précieux et les vêtements décorés.
Parce que d’autres ont une vision large, ils réalisent qu’ils sont comme le bœuf brun et le bœuf blanc.

Hïeï par sa grande habileté atteignit la cible à cent mètres.
Mais quand les flèches se touchent en plein vol, comment cela peut-il être une question d’habileté ?

L’homme de bois se met à chanter, la femme de pierre se lève et danse. Cela n’est pas atteint par les sensations ni la conscience, comment cela pourrait-il concerner les discriminations ?
Les ministres servent le seigneur, les enfants obéissent à leurs parents.
Ne pas obéir est contraire au devoir filial, ne pas suivre n’est pas être un véritable ministre.

Cachez votre pratique, agissez discrètement, apparaissez comme un fou ou bien un idiot.
Juste continuer ainsi est appelé être un maître parmi les maîtres.

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METTA SUTTA   L’amour universel

Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le Bien et a obtenu la Paix.

Qu'il soit appliqué, droit, parfaitement droit, docile, doux, humble, content, aisément satisfait ; qu'il ne se laisse pas submergé par les affaires du monde, qu'il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés ; qu'il soit sage, sans orgueil et ne s'attache pas aux familles.

Qu'il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.

Que tous les êtres soient heureux.

Qu’ils soient en joie et en sûreté.

Toute chose qui est vivante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.

Ainsi qu’une mère au péril de sa vie, surveille et protège son unique enfant, ainsi, avec un esprit sans limite, doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous, et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.

Étant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre.

Abandonnant les vues fausses, ayant la vision intérieure profonde, vertueux, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus la renaissance.

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